L’incidence géopolitique d’une économie plus locale pousse inexorablement la structure politique en place à se redéfinir sur des critères géographiques locaux et plus nationaux.

Imaginons un partage de l’information et des denrées de luxe qui se fait de manière globale mais boosté par un savoir-faire artisanal et relayé par une économie locale. En d’autres mots, une région peut se spécialiser dans la production d’un certain type de produits, les vendre à l’autre bout du monde par des couts de transport réduit et s’appuie sur des matières premières produits localement. Ceci devrait amener la localité à se retrouver et à se motiver économiquement, ce qui entrainera plus que probablement un intéressement politique des dirigeants.

Dans un avenir proche, les couts de transports devraient se retrouver réduits de part une évolution de la technologie. Cette même technologie permet déjà un échange rapide de l’information. De plus, avec la mondialisation, les couts de productions en main d’œuvre se retrouvent de plus en plus lissés. Ce qui va donc permettre à une localité d’être plus productive qu’une autre sera donc soit la spécialisation des ouvriers et de l’entreprise, pour être plus performante que les autres, soit une facilité d’accès à des ressources premières utilisées pour la conception des produits d’une entité donnée.

On devrait donc assister à une reprise du développement économique local pour un type de produit donné, comme c’était le cas lors de l’essor du capitalisme, ou l’Angleterre par exemple avait une production importante de ressources en charbon de par son sol riche en cette matière.

La différence est qu’à l’heure actuelle, les matières premières existantes sur terre, surtout celles liées à l’énergie fossile comme le pétrole, le charbon ou le gaz, sont en diminution constante alors que notre consommation augmente. On peut donc selon toute vraisemblance penser, qu’à terme, le type d’énergie utilisée sera radicalement modifié vers des types d’énergies renouvelables. Dans ce cadre, il y a fort à parier que la production se réalisera de manière locale et sera donc impérativement consommée de manière locale.

Les intérêts économiques vont donc se rassembler par groupes d’habitants d’une entité plus ou moins grande, liées à la production d’une ressource en particulier. Ces intérêts seront donc défendus par une volonté politique d’aider les électeurs et donc à une puissance plus importante prise par le pouvoir politique géographique direct. D’autre part, on peut prédire que les échanges entre particuliers ou entreprises devront être chapeautés par des sociétés de service, qui aujourd’hui occupent le rôle de producteurs dans bien des cas. De par leur taille actuelle, ces sociétés de service devraient être amenées à gérer une surface géographique large et devront donc également s’appuyer sur des relais locaux tout en ayant un lobby puissant au niveau de leur surface géographique globale. On peut donc valablement penser qu’une continentalisation du pouvoir politique ira de pair avec des structures urbaines fortes. D’ailleurs, on peut déjà voir ce type de structure qui se met doucement en place, notamment en Europe, ou l’Union européenne prend le pas sur le pouvoir des pays alors qu’elle est de plus en plus à l’écoute des corporations locales qui font valoir et qui défendent les droits d’une population géographiquement proche et qui défend des intérêts communs.