La vie économique depuis les années 2000, une évolution graduelle de notre mode de fonctionnement


Depuis quelques années, la croissance de notre économie est altérée. Alors qu’au début du vingtième siècle, celle-ci était guidée par quelques capitaines de l’industrie, adepte du management autoritaire et qui faisait du profit et de la vente à outrance, sans tenir compte des conséquences, nous voyons apparaître depuis le début du années deux-mille une idéologie différente qui regroupe vision sociétale de l’économie et utilisation parcimonieuse des ressources.

Le début du siècle et la domination de la production à outrance

Les idées capitalistes développées dans le courant des années 1850 et qui se basent sur la révolution industrielle dans les pays européens comme l’Angleterre, se retrouvent au centre des intérêts commerciaux du début du siècle derniers. L’évolution croissante du réseau ferroviaire donne des idées aux entités privées. Dès le départ, les dirigeants du monde économique se rendent compte qu’il devient impératif de s’entre-aider afin d’avoir un poids supérieur par rapport au concurrents directs.

Les premières idées de fusion d’entreprises sont liées au monde ferroviaire. Au plus on est grand, au mieux on est capable d’exploiter les ressources. Ainsi, les entreprises de production de métal, n’hésitent pas à fusionner avec des fonderies et d’autres entités expertes dans le placement de rail sur le terrain pour créer des méga-corporations capables de dominer l’ensemble du marché, ce qui est particulièrement vrai pour le marché américain ou deux sociétés gigantesques vont bientôt dominer tout le domaine du rail.

La facilité première de ce type de fusion est l’existence de ressources naturelles et de matières premières qui sont extrêmement importantes et pour lesquelles on ne pense aucunement à une possible pénurie. On évolue donc dans un système de croissance accélérée pour gagner à tout prix la course à la plus grande production, et donc aux meilleures économies d’échelles.

Cette évolution économique et ce début de mondialisme donne des ailes à tous les types de secteurs, et on dénote une croissance gigantesque des méga structures, que ce soit dans le domaine automobile, de la production ou bancaire. L’artisanat et les entreprises locales se retrouvent limités et sont inexorablement amener à évoluer dans un environnement ou ils ne peuvent être concurrentiels.

Toute cette évolution perdurera durant le vingtième siècle et les géants commerciaux ne finiront de croître, jusque dans les nouvelles technologies, ou des géants tels qu’IBM et Microsoft dominent leur marchés respectifs jusqu’au début des années 2000.

Cette croissance est en fait rendue possible par des économies d’échelles réalisées sur des couts de production et de transport importants, qui ne sont pas tenables par les petites structures. Néanmoins, avec l’avènement d’internet et des nouvelles possibilités de communication, tout ce système est amené à changer.

Internet, un outil qui permet la communication, mais pas seulement

Internet va permettre aux utilisateurs du monde entier de pouvoir communiquer librement entre eux. On pourra facilement tchater avec une personne à l’autre bout du monde, ce qui donne des idées pour le commerce. La première grande plate-forme d’e-commerce, Ebay, nait rapidement. On peut ainsi librement échanger des objets physiques entre utilisateurs, et cela pour un cout réduit.

C’est l’une des premières plateformes d’échange, et ou la plus value n’est plus dans la vente d’un produit spécifique, mais dans le service proposé pour l’échange.

Dans le même temps, les couts relatifs au transport diminuent rapidement. En effet, d’une part le court du baril n’a plus été aussi bas depuis dix ans, mais en plus l’ensemble des nouvelles technologies évoluent pour rendre les moyens de transport moins voraces en énergies, voir axés sur l’énergie renouvelable à moyen terme. Cela signifie donc que nous pourrions bientôt (et nous pouvons déjà pour certains produits), disposer d’une facilité à acquérir des biens divers pour des couts réduits au niveau du transport tout en étant potentiellement réduit au niveau de la production car créés dans des pays ou le cout de la main d’œuvre reste encore fort basse.

Cela revient donc à dire qu’il est dès à présent moins cher de commander en ligne des chaussures de sport créées en Chine sur un site intermédiaire et payer le transport, plutôt que de se rendre chez le vendeur du coin pour les acquérir.

Les répercussions pour les vendeurs et pour les producteurs locaux

De plus, cette évolution économique et appuyée par une révolution technologique et en termes de communication va permettre également à des particuliers du monde entier d’échanger librement, biens d’occasions et objet d’artisanat.

En effet, qu’est-ce qui vous empêche à l’heure actuelle de commander un costume sur mesure chez un petit tailleur indien ou chinois, à un dixième du prix de vente européen, si ce n’est la barrière de la langue ?

Dès lors, il convient de se projeter dans l’avenir et de se poser la question de la pertinence de garder des commerces de proximité. Ils seront en effet à terme systématiquement plus chers, et moins complets en termes d’offre que ce que l’on peut trouver sur le web.

Les entreprises vont donc devoir réfléchir à la pertinence d’entretenir ce type d’activité et à terme se reconvertir en société de services. Et ceci est valable pour biens des secteurs, comme par exemple l’électricité…

Le secteur électrique, une pierre angulaire des revenus des gouvernement, pour le moment….

Un autre secteur qui sera fortement impacté par l’évolution des technologies et par le besoin de trouver des sources d’énergies alternatives, est le domaine de production, du stockage et de la distribution de l’électricité.

Jusqu’à présent, l’électricité était produite par des entités nationales (comme GDF Suez pour la France) qui en assurait non seulement la production mais également la distribution. Ce qui permettait de facto un monopole sur un secteur essentiel à la vie économique moderne.

La réduction des énergies fossiles a cependant poussé un certain nombre d’acteurs du secteur, scientifiques, entreprises commerciales, gouvernement, à trouver des solutions alternatives à la production d’énergie. On citera bien entendu l’énergie hydraulique, éolienne, solaire, ainsi que l’énergie venant du sol. Toutes ces techniques commencent seulement à devenir abordables en termes de cout d’installation pour les particuliers. C’est particulièrement vrai pour l’énergie solaire. Nous voyons en effet depuis quelques années les panneaux solaires fleurir sur le toit des maisons pour permettre au ménage de réduire la facture électrique, tout comme les pompes à chaleur qui permettent de chauffer plus facilement les habitations.

La technologie existe donc bel et bien pour la production mais le stockage est encore limité. En effet, la surproduction ne pouvait jusqu’à présent être stockée, le surplus étant donc perdu. De même, ce surplus ne pouvait être redistribué sur le réseau, faute de lignes suffisante pour assumer le trafic de l’énergie. Ce qui arrange bien évidemment les gros producteurs/distributeurs qui continue de garder le monopole sur le secteur.

Cependant, depuis 2014, Tesla, le producteur automobile, a mis au point une batterie pour maison, capable de stocker l’énergie produite et permettant donc une réutilisation ultérieure. Sa commercialisation a commencé depuis lors aux Etats-Unis, mais fait encore défaut en Europe et en France notamment, ou les lobbys électriques fraient logiquement des quatre pieds, de peur de voir leurs marges diminuer.

La technologie existe donc bel et bien pour la production et pour le stockage.

A ce jour, le seul élément manquant pour permettre une autonomie du système entre particuliers, est, en dehors de la commercialisation des systèmes de stockage, la possibilité d’échanger librement, ou de vendre librement l’électricité produite.

Ce point est largement bloqué par un système de trafic de l’électricité qui est vieillissant et à des installations des circuits de transports qui deviennent vétustes avec le temps. Cependant, le renouvellement régulier de ces vieux circuits devrait permettre bientôt d’assumer un flux plus important, et donc d’échanger librement l’électricité.

Quel place dès lors pour les géants du secteur ? Ils n’auront probablement d’autre choix que de s’adapter à ce nouveau modèle et passant de producteur à celui de gestionnaire du réseau et d’intermédiaire entre les différents particuliers. Bien entendu, les marges sur la production deviendront proches de 0, mais il n’existe pas d’alternative. On peut donc s’attendre à voir GDF Suez devenir à l’électricité ce qu’Ebay est au commerce en ligne, sous peine d’être définitivement relégué au rang des sociétés qui n’ont pas su s’adapter et qui ont ainsi disparu.

L’évolution de la finance et du secteur bancaire

Cette possibilité d’échanges de flux et de produits va également se faire ressentir dans le domaine bancaire. Dès à présent, on voit l’ensemble des acteurs du marché limiter l’emploi et les agences locales ou profits de l’utilisation de leurs produits en ligne et de leurs clients guidés par des centres d’appels localisés en Afrique du Nord ou dans le sud-est asiatique. Ces économies d’échelles sont en réalité guidées aussi fortement par l’évolution des mœurs dans la culture européenne et anglo-saxonne, ou on préfère faire son virement directement de son smartphone que de se rendre à l’agence bancaire du coin pour faire exécuter son opération.

D’autre part, le marché premier des banques, son utilité première, qui est le consentement de crédits d’une part et le dépôt de liquidités d’autre part est amené depuis la crise boursière des subprimes de 2008, à reprendre un essor naturel. En effet, dans une économie en stagflation, c’est ç dire en inflation marginale, les opérations de placements deviennent extrêmement peu rentable, et les sociétés d’investissement sont donc forcées de se reconcentrer sur leur métier premier, qui est le crédit aux particuliers et aux entreprises.

Néanmoins, là également, une concurrence naturelle commence à émerge. En effet, quel intérêt pour un particulier de placer ses économies pour un rendement annuel qui flirte avec le 0 ? Quel intérêt pour un jeune couple ou pour un entrepreneur, d’emprunter à des taux importants ? L’un et l’autre sont en réalité tenus par une absence de possibilité. Mais il existe depuis peu des possibilités d’échange et de rencontre entre ces deux types de personnes, via des plateformes spécialisées.

Ces plateformes spécialisées sont liées au « Crowdfunding ». Il s’agit à la base d’un type de financement alternatif ou chacun peut cotiser des montants infimes pour des projets de grande envergure. Il est développé aux Etats-Unis ou son plus bel exemple est son utilisation lors des campagnes présidentielles, ou chaque américain pouvait faire un don à son candidat préféré.

Depuis lors, des retours sur investissements existent pour les investisseurs. Que ce soit sous forme de participation actionnariale dans une entreprise qui se lance, sous forme de dividendes, ou sous forme d’une partie du produit finit. On peut donc trouver des plateformes de crowdfunding locales ou le fait de donner 100 euros pour aider votre voisin à se lancer comme boulanger vous permettra de prendre un pain tous les jours pendant les deux mois qui suivent son installation.

Mais cette évolution devrait s’accentuer au détriment des banques. Le fait de pouvoir directement, à terme, négocier avec l’investisseur pour l’entrepreneur ou pour avec l’entrepreneur pour l’investisseur, va permettre d’éliminer un intermédiaire fort dérangeant et surtout fort gourmand en termes de marge : la banque.

Et donc, celle-ci devra probablement également se reconvertir pour ne plus offrir un produit (le crédit, ou le livret), mais un service (la mise en place de passerelle entre différents clients), sous peine de s’éteindre. Il y a fort à parier que les banques ont déjà compris tout cela, quand on voit à quel rythme elles éliminent agence physiques et personnel trop couteux…